Allaiter, pas si facile que ça....

Allaiter, pas si facile que ça....



Quand j'ai appris que j'étais enceinte pour la première fois, je ne pensais même pas à l'allaitement. L'image que j'avais de la mère à cette période était une maman avec un bébé et un biberon. L'idée d'allaiter ne m'avais même pas effleuré l'esprit. Au fur et à mesure de l'avancé de la grossesse, je sentais mon corps changer, je me sentais devenir mère. Mes hanches s'élargissait,  ma taille de soutien gorges augmentait en même temps que mon tour de taille. Mon image de la maternité évoluait et petit à petit je m'éloignais de ce que j'avais imaginé. 

Arrivé au terme de ma grossesse l'allaitement me paraissait une évidence, je me disais que je n'avais pas pris 3 tailles de soutien gorges pour rien ! Je ne me suis pas posé de question, peut être qu'à 23 ans on s'en pose moins et on fonce. Je n'ai rien lu, me suis renseigné nulle part, j'avais juste senti au plus profond de moi que c'est ce que je voulais.

Les premières deux heures de vie de mon aîné marquent le début d'un amour inconditionnel pour la vie, pour la maternité. Sentir la chaleur du corps d'un petit être que l'on a senti grandir en soi pendant 9 mois, la magie du peau à peau, lui donner le sein pour la première fois et cet état de bien être total qui nous envahie d'un seul coup. C'était comme si ma place était ici, l'endroit dont j'avais rêvé toute ma vie, celui ou le bonheur est total.

Quand la première tété fut terminé j'avais déjà hâte d'être à la suivante, tout était évident pour moi, comment tenir mon bébé, comment lui donner le sein je n'avais pas du tout prévu la suite...

Après 48h de pleine osmose, 48h ou je ne voulais même plus dormir car l'idée de dormir et ne plus entendre respirer ou voir mon bébé n'étais pas envisageable. Ma bulle de bonheur était en train de se dissiper, car mon bébé avait un comportement que je comprenais pas et j'avais l'impression de ne pas savoir ce qu'il fallait faire.Il s'est mis à téter toutes les 30 min, sans être satisfait après chaque boire. Il réclamait à nouveau et pleurait tellement que mon coeur devenait lourd. Je me sentais vidé, épuisé et impuissante. Il s'énervait au sein, fouinait tel un animal quand je le portais contre moi. Quand j'ai fait appel à l'infirmière elle m'a tout simplement dit que c’était normal et que si c'était trop dur elle pouvait me le prendre un peu pour que je me repose, j'ai refusé et j'ai tenue jusqu'à ce que cela se calme. Le lendemain j'ai eu une de mes tantes au téléphone qui avait allaité ses enfants et elle a senti mon désarroi, quand je lui ai dis que j'allais peut être donner le biberon car cela me semblait plus simple, elle m'a conseillé de prendre ma décision après avoir lu ce livre : L'allaitement de Marie Thirion. Elle m'a aussi rassuré et expliqué que ce que je vivais avec bébé était la monté laiteuse et que le comportement de bébé était normal. Je suis de nature persévérante et quand on décide d'allaiter il en faut de la persévérance. 

J'ai donc lu ce magnifique livre et j'ai continué d'allaiter jusqu’à 6 mois malgré la reprise rapide du travail, que j'ai quitté aussi rapidement d'ailleurs. J'ai connu d'autre difficultés pendant ce premier allaitement, j'ai eu un bébé reflux, je n'arrivais à pratiquer qu'une seule position, j'ai vaincu les pics de croissance, les engorgements ect... Mais j'ai beaucoup appris, j'ai découvert que malgré le fait que l'allaitement est la chose la plus naturelle qui soit, que c'est la meilleure chose que l'on puisse donner à bébé, que c'est inné et bien ce n'est pas chose facile. 

Il faut être sur de son choix, se sentir à l'aise avec cela et peut être se dire que tout ne se déroulera pas comme on l'imagine.

Depuis j'ai donné la vie 2 autres fois. J'ai vécu un échec quand je n'ai pas pu allaiter mon second enfant plus d'1 mois et j'en était malade! J'ai encore appris avec cette expérience: à relativiser... J'allaite actuellement mon 3eme garçon et malgré le fait que je dois aussi m'occuper de mes deux grands,et qu'il tète au 2h depuis sa naissance je viens de dépasser 3 mois d'allaitement et je suis dans le même état qu'il y a 9 ans j'attend impatiemment la prochaine tété.

Je suis la ou je dois être, la ou j'ai envie d'être...

Allaiter est un don de soi, un lâché prise total, une mise à nue, une relation avec soi très intime, un rapport à la féminité autre, l'acceptation de se faire guider par bébé, ne pas avoir de rythme, ne pas avoir d'horaire, se donner entièrement à un être, faire passer bébé au premier plan, devant tout parfois même devant son couple, c'est aussi avoir un papa patient et qui comprend maman et bébé...

Ce n'est pas un choix simple, et depuis que j'accompagne des mères dans leurs choix j'ai appris à observer, à comprendre et surtout à ne pas juger. J'ai pu voir la représentation et la pratique de l'allaitement dans différents pays et une des choses que je retiens c'est que malgré les différents choix ils sont tous bienveillant...

Au delà de tous ce que je peux savoir médicalement de l'allaitement et sa nécessité hormonale pour maman et bébé, j'ai appris que l'allaitement n'est pas quelque chose de facile, et que cela vient nous chercher au plus profond de nous, puiser dans toutes nos ressources. La frontière entre poursuivre ou arrêter est vraiment mince. Ne jamais hésiter à aller chercher un accompagnement, des réponses à nos questions...

L’experience m’a permis d’observer beaucoup d’allaitement, s’en accompagner tout autant et encore une fois ce n’est pas une science exacte. A chque situation il faut savoir rebondir, proposer une solution, évaluer si elle fonctionne, mais sachez qu’en étant accompagné par des professionnels d’experience on réussi souvent à vous aidez, ne restez pas seule desormais il y a des personnes compétente et formé a vos côtés.


Audrey